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Théâtre la Boutonnière

Pense à l’Afrique de Gordon Dryland
12 octobre - 3 décembre 2005

Gordon Dryland nous parle de l’union, de la haine, des sentiments qui font qu’elles se côtoient l’une l’autre au sein d’une cellule familiale comme nous en connaissons tous, en proie aux différends d’un quelconque héritage... Mais par les mots l’auteur nous transporte dans un monde intérieur et mystérieux, sans états d’âme, terrible et fascinant, qui interpelle notre conscience et nous laisse désarmé, sans réponse devant pareil gâchis... avec en nous cette question essentielle : et la place de l’amour dans tout cela ?

Critiques

Figaro
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Geneviève Mnich ou la profondeur de l’être

Rue Popincourt. Une adresse, non tout a fait nouvelle, mais jeune encore. Au fond d’une cour, une maison en bois, des arbres. Une ancienne fabrique de boutons de nacre. On l’appellera La Boutonnière, se sont dit Habib Naghmouchin et sa femme, qui ont imaginé cet espace alternatif qui, loin des circuits classiques, propose spectacles et chaleur d’une restauration légère.
Après Noir est la couleur, de l’Australien Daniel Keene, l’an dernier, c’est aujourd’hui un écrivain néozélandais d’origine irlandaise, Gordon Dryland, qui est joué. Une pièce ancienne, Pense à l’Afrique, que l’on avait découverte il y a des années au Théâtre du Rond-Point du temps des Renaud-Barrault. C’est même Madeleine Renaud qui jouait ce personnage terrible, attachant et terrifiant à la fois, qu’incarne aujourd’hui la sensible et profonde Geneviève Mnich, une mère secrète, dure, douloureuse.
Autour d’elle, Eric Prigent est Arthur, le fils ainé, défiguré et ligoté par la honte, le désespoir, le renoncement à la vie. Ses petits frère et sœur, couple de jumeaux violents et cyniques qui ne sauront qu’à la fin quel poids pèse sur leurs épaules et rend amers leurs jours, sont dessinés avec finesse, dans la juste ambivalence, par Cécile Lehn et Daniel Briquet.
Un très beau décor de Philippe Marioge donne à l’espace une personnalité, une vraisemblance. On a le sentiment d’être retenu dans le huit clos terrible d’une famille étrange à l’heure où doivent se dénouer les liens qui étranglent. Silhouette de petite fille qui a dû consentir à vieillir, force intraitable que seuls ont les enfants, sévérité excessive, contradictions déchirantes du personnage, Geneviève Mnich donne à ce personnage de mère impossible, empêchée, la grandeur d’une figure tragique. Sans cette tension qu’elle partage avec les autres interprètes, le secret de la pièce la ferait sombrer dans le Grand-Guignol. Ici, la dignité domine. L’impossible est acceptable par la grâce du jeu.

Armelle Héliot

Figaroscope
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Une femme forte

Amélia vit avec son fils dans une grande maison. Le pauvre est marqué par une tache de naissance qui le défigure. Ils sont habitués l’un à l’autre, même si la personnalité très forte de la mère écrase le fils. Amélia, richissime, aide la petite ville où ils habitent à garder son identité, à la grande fureur de ses deux autres enfants qui ont bien peur pour leur héritage. L’affrontement aura lieu.

Gordon Dryland est un talentueux dramaturge irlandais. Sa pièce est excellente malgré une fin que d’aucuns trouveront sans doute très exagérée. La mise en scène d’Habib Naghmouchin est très fine, même si on peut lui reprocher d’avoir fait un peu trop confiance au talent de ses comédiens. Mais ce ne sont que des détails. Le petit Théâtre de La Boutonnière, qui a ouvert assez récemment, est décidément sur la voie de l’excellence. Une bonne nouvelle dans un paysage théâtral tristounet.

J-L.J.

Nouvel Obs
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Ca se passe dans une de ces nombreuses rues du 11e que la prolifération des grossistes du textile chinois a totalement désertifiées. Là, dans une ancienne boutonnerie, le metteur en scène Habib Naghmouchin a ouvert une petite salle de cinquante places. 3Pense à l’Afrique », de Gordon Dryland, auteur néo-zélandais mort en 1989, y est en ce moment présenté. C’est une pièce à la fois bien ficelée et affreusement démodée, du genre de celles qu’on fabriquait en série à la Belle Epoque, avec leur coup de théâtre final obligé, asséné juste avant la chute du rideau : « Cette femme, vois-tu , c’était ta mère ! ». Heureusement, Geneviève Mnich, Eric Prigent, Daniel Briquet et Cécile Lehn jouent avec une telle vérité qu’on s’aperçoit à peine qu’il s’agit d’un mélo. À la fin de la représentation, on pousse les bancs, on dresse des tables et on vous propose de dîner sur place. Au beau milieude ce plateau où tout à l’heure la mère et les enfantsse déchiraient pour une sordide question d’héritage.

Jacques Nerson

De
Gordon Dryland

Dramaturgie
Séverine Magois

Mise en scène
Habib Naghmouchin

Scénographie
Philippe Marioge

Décor
Jean-Paul Dewynter

Lumières
Paul Beaureilles

Costumes
Marie-Christine Franc

Régisseur / Assistanat mise en scène
Cédric Mérillon

Maquillage
Razerka Ben Sadia

Avec
Daniel Briquet (Robert)
Cécile Lehn (Rowena)
Geneviève Mnich (Amélia)
Eric Prigent (Arthur)
Attachée de presse
Marie-Hélène Brian

Relation publique
Séverine Liebault

Graphisme
Jean Noviel

Attachée de production
Adriana Allègue

Administration
Thomas Becelewski, Renaud Mesini

Rédaction
Evelyne Dutreuil